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27/02/2009

La saline royale d'Arc-et-Senans
La saline d'Arc-et-Senans, dans le Doubs, a été édifiée sous les règnes de Louis XV et Louis XVI. Elle produisait du sel de manière industrielle. Construite en demi-cercle, elle est remarquable par son architecture d'inspiration grecque. Ce site est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Une beauté rationnelle
La « fabrique » de sel d’Arc-et-Senans ressemble plus à un temple grec qu’à une usine. Située à 35 kilomètres de Besançon, la saline royale est la « première grande réalisation d’architecture industrielle », selon l’Unesco. « Pour la première fois, une usine était construite avec le même soin et souci de qualité architecturale qu’un palais, ou un édifice religieux important. »
Son architecte, Claude-Nicolas Ledoux, était désireux de marier efficacité économique et beauté des lignes. Il a imaginé un complexe de 11 bâtiments, édifiés en un demi-cercle et d’une harmonie parfaite. L’ensemble comprend les anciens ateliers et le logement des ouvriers.
La visualisation en 3D du Géoportail permet de bien mesurer la majesté des lieux, édifiés entre 1775 et 1779.
L’architecture reflète l’idéal de progrès du siècle des Lumières. Le but de Ledoux était en effet de permettre une organisation rationnelle et hiérarchisée du travail. Son projet était aussi de concevoir une « cité idéale » dans un second demi-cercle qui aurait complété le premier. Cette utopie est demeurée inachevée.
Une situation privilégiée
Le processus de production du sel se faisait en deux étapes : d’abord par évaporation des eaux salées, puis en chauffant la saumure concentrée. Pour recueillir le sel, « or blanc » de cette époque, il fallait donc avoir du combustible en abondance, du bois en l’occurrence.
Le site a été choisi en raison de sa proximité avec la vaste forêt de Chaux, d’une superficie de 22 000 hectares. La région étant balayée par les vents du Nord, c’était un atout supplémentaire pour l’évaporation des saumures.
En outre, les hameaux d’Arc et de Senans se trouvaient à proximité des grandes routes menant en Bourgogne et en Suisse.
Une expérience industrielle et sociale
Jusqu’à la Révolution, la saline royale a fonctionné comme une cité ouvrière, quasi autarcique.
Lorsqu’elle tournait à plein régime, la production annuelle atteignait en moyenne quelque 35 000 quintaux, alors que les concepteurs du projet en avaient espéré pratiquement le double.
Au XIXe siècle, la concurrence des salines de l’Est et des marais salants lui sera fatale… Arc-et-Senans fermera ses portes en 1895.
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La saline royale aujourd’hui
Laissée à l’abandon, la saline royale sera finalement rachetée par le département du Doubs. En dehors des visites touristiques, Arc-et-Senans est aujourd’hui un lieu de réflexion sur l’architecture. Deux siècles après Ledoux et son utopie, on y échafaude en effet des projets architecturaux pour la cité du futur à l’occasion de colloques, de séminaires et d’expositions.
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La modélisation en 3D de la saline royale a été réalisée par la société Héritage Virtuel ; le modèle 3D a été adapté pour l’affichage sur le Géoportail par IGO.

